Argentin de naissance, Ramiro Musotto n’en est pas moins l’un des
musiciens brésiliens les plus accomplis de sa génération et reconnu par
ses pairs, le plus bahianais des percussionnistes et, comme dit de lui
Daniela Mercury, le percussionniste qui connaît le mieux les rythmes
brésiliens.
Adolescent, Ramiro Musotto vit à Bahia Blanca en Patagonie. Il est
batteur dans un groupe de rock et percussionniste dans divers groupes
de musiques contestataires et dans l’orchestre symphonique de la ville.
En 1982, Ramiro a 18 ans et quitte l’Argentine, non pas pour les
Malouines, mais pour une bien plus noble conquête ; celle des rythmes
brésiliens. Il n’a plus qu’une seule idée en tête, devenir
percussionniste et maître de berimbau, à l’image de celui qui lui a
fait quitter sa terre natale ; le génial Nana Vasconcelos.
Après 2 ans de formation à Sao Paulo, il s’installe à Salvador de Bahia
où il restera 12 ans, profondément immergé dans la négritude, la
capoeira, la samba et le candomblé. C’est surtout à Bahia qu’il sera
initié au berimbau et y recevra l’enseignement des plus grands et
développera, à force de recherches et d’expériences, un jeu plus
moderne.
Les pieds bien ancrés au Brésil mais les oreilles déjà tournées vers la
pop mondiale, c’est également à cette époque que Ramiro vit ses
premières expériences de programmations électroniques.
En plein boom de la musique Axé [aché] (musique symbole du carnaval de
Bahia), Ramiro participe aux enregistrements des deux plus célèbres
chanteuses de samba reggae de Bahia, Margareth Menezes et Daniela
Mercury, avec qui il tournera dans le monde entier comme
percussionniste et arrangeur jusqu’en 1995.
En 1996, chargés de ses berimbaus, atabaques, repiques et de toutes ses
expériences accumulées, il s’installe à Rio de Janeiro où il accompagne
depuis tous les grands noms de la MPB.
Il a ainsi joué les partitions de berimbau moderne sur les
enregistrements de Caetano Veloso, Gilberto Gil, Virginia Rodriguez,
Joao Bosco, Fernanda Abreu … parmi bien d’autres.
Fin 2003, pour ses 40 ans, Ramiro s’est offert un premier album solo,
Sudaka, salué par la presse brésilienne et américaine comme l’album le
plus intéressant de l’histoire de la musique électronique brésilienne.
Mix de sonorités urbaines, tribales, rituelles et de percussions avec
un carrousel de citations électronisées, cet album réunit les
meilleures influences et expériences du compositeur, et en dix thèmes
magnifiques nous traduit un Brésil parfois méconnu.
En 2004, il est invité par Lenine, star de la nova MPB, pour la
création « Lenine InCité », commande de la Cité de la Musique à Paris.